Nouvelle fractale 1 suite 2
Je me dirige d'un pas décidé vers le présentoir de la librairie. L'employé m'adresse un sourire sympathique, comme chaque jour. Je le lui renvoie.
Mon regard se pose sur la une du New York Paper. "Diffuseur de pensée: effets secondaires". J'attrape le journal pour l'ouvrir. Je n'achète jamais ce titre, je le lis sur place.
"Des études scientifiques indépendantes de Bio-technicom (le fabriquant du Diffuseur de pensée) ont démontrées que celui-ci aurait des effets secondaires regrettables chez certaines personnes. Perte du sommeil, excitation physique et mentale, accélération de la parole et des pensées, ainsi que d'autres cas atypiques. Le pourcentage de personnes utilisant le diffuseur de pensée ayant ces effets se situerait au alentours de 15%."
Je repose le journal sur le présentoir et me dirige vers le coin des bouquins. Un livre d'Histoire intitulé "Les dernières chances de la société" saute à mes yeux. Je l'attrape et me dirige vers la caisse. 10 dollars. ça peut aller.
Il est temps d’aller au boulot, j’ai une heure de retard. J’espère bien avoir des nouvelles de Samira, qui ne m’a pas donné signe de vie depuis une semaine. Nous travaillons au même étage, mais nous n’avons pas l’occasion de nous voir. Le patron, monsieur Levert, est plutôt mécontent de son boulot en ce moment. Sans doute les effets secondaires de l’appareil. Elle l’a acheté il y a à peine une semaine. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai décidé de le tester sur moi-même. Je ne suis pas déçu, finalement, d’être resté moi. Quelle idée de se changer en quelque un d’autre !
Je programme l’auto sur « travail » et j’appuis sur « Enter ». Rien à faire. Pas besoin de permis, elle est complètement automatique. Les accidents de la route ont diminué de 78 pour cent depuis que la voiture automatique a remplacé les anciennes autos à conducteur. Les délits de fuite ont diminués de 98 pour cent, les flics pouvant arrêter le véhicule à distance. Trafiquer l’unité centrale est un luxe réservé aux élites et aux mafias qui peuvent se procurer les appareils nécessaires.
L’auto s’engage sur l’avenue centrale, elle freine automatiquement à chaque fois qu’un piéton se met en travers de sa route.
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J’apprend le licenciement de Samira à mon arrivée dans la boite. Max me raconte toute l’histoire dans ses détails et depuis le début, comme si je ne la connaissais pas déjà. Je tente de l’interrompre plusieurs fois mais il insiste. J’essaye de lui poser des questions mais il continue son monologue. Je m’éloigne de lui mais il se rapproche. Je n’y coupe pas. Dix minutes interminables qui me retarde encore plus de mon arrivée au bureau.
Je fini par arriver à prendre l’ascenseur. Je croise monsieur Levert qui me lance un « encore en retard McKinley ».
Je passe devant le bureau de Samira, la porte est ouverte. Vide.
A suivre…