Nouvelle fractale 1 suite 7
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J’allume mon nano pod. C’est un petit appareil gros comme une clef USB. Deux petits écouteurs sans fil qu’on place dans les oreilles permettent d’écouter les enregistrements qu’on a téléchargé dessus. Je sélectionne les infos de huit heures. Le générique me siffle dans les oreilles.
« Le policier Jefferson Reno, connu pour ses prises de position anti-bavures est-il impliqué dans une bavure ? Hier au stadium Perobes, il a tiré deux balles sur un supporter, le tuant sur le coup. Jeff Reno affirme qu’il était en état de légitime défense mais plusieurs témoins affirment le contraire. »
Il faudra que je demande à Samira ce qu’elle pense de cette affaire. Je doute cependant de la véracité des témoignages que la radio diffuse. Samira m’a expliqué plusieurs fois que Jeff n’utilisait son arme que dans de rares occasions. Il a vraiment fallu qu’il soit dans une situation difficile pour qu’il s’en serve. De plus habituellement la radio ne diffuse pas l’identité du flic mis en cause. Il faut que se soit un raciste qui soit tué pour qu’elle le fasse. Peut-on en conclure pour autant que les journalistes le désignent à la vengeance ? Il n’y a qu’un pas que je suis à deux doigts de franchir.
Le train arrive en gare de Cirvantes. Le contrôleur n’est toujours pas passé. On ne présente plus son billet depuis une dizaine d’années. L’agent scanne le nano pod ou le téléphone portable et le prix du trajet est débité du compte qui y est associé. Les fraudeurs sont amendés. S’ils n’ont pas de pièce d’identité biométrique, ils sont descendus du train. Des luttes d’usagers ont permis que le délit de fraude habituelle soit enlevé du code pénal. Ils avaient réclamé la gratuité des transports mais le gouvernement n’a pas cédé, préférant envoyer l’armée et mettre en prison les meneurs.
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Anièlo pousse son barda comme chaque jour. Avec le soleil qui se lève, le tableau qu’on pourrait peindre est assez rustique. Il aperçoit Samira qui se dirige vers lui.
- Alors Anièlo, je n’ai pas eu de vos nouvelles.
- Veuillez m’excuser mais je n’ai pas eu le temps. Allez, pour la peine je vous offre un café.
- Ce n’est pas de refus.
- Vous avez retrouvé du boulot ?
- Là, dans vingt minutes, j’ai un entretien d’embauche.
- C’est dans quel domaine ?
- C’est un poste d’attachée commerciale dans un boite de produits nano cosmétiques
- C’est pas un poste d’avenir, vous savez que les nano cosmétiques risquent d’être interdits d’ici peu.
- Non je ne savais pas et ils s’étaient bien gardés de me le dire.
- Bien, vous n’avez plus qu’à chercher un autre job.
- En fait je ne peux pas, c’est un poste qui m’est proposé par l’agence en faveur de l’emploi. Si je refuse, ils me sucrent mes indemnités.
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