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Mercredi 13 décembre 2006

Maximilien avait pris l’habitude de déambuler dans les rues au petit matin. Tout le monde le connaissait et chacun e y mettait de son petit « bonjour Maximilien », ce qui en fait, le rendait très fier de lui. Les gros chiens qui le connaissaient comme terrible ou pour d’autre un copain, n’auraient pas osé lui barrer le passage.
D’abord la boulangère. Grimper sur le comptoir. Elle est gentille, elle a toujours une caresse en réserve… et quelques croquettes. Comme tous les matins, la petite vieille vient chercher son pain en s’exclamant « qu’il est mignon le chat ! ».
Ensuite le cordonnier qui lâche comme d’habitude « tu viens te faire mettre des semelles ? ». Toujours la même rengaine. Il ne veut pas de chat sur le comptoir, mais il prépare toujours une petite gamelle pleine de viande. De temps en temps, il y a aussi un bol de lait.
Puis le libraire, celui là est du genre jamais content, « tu mets des poils partout. » Mais finalement il y a toujours un « qu’il est gentil le petit chat ».
Le petit chat fait son petit tours, comme tous les matins. Le brouillard est tombé pendant la nuit, on ne voit pas très loin devant soi. Le minou branche son radar.

*
* *

Aujourd’hui tout est fermé, ce doit être férié.
Une petite silhouette apparaît. C’est un chat. Maximilien est bien curieux de savoir de qui il s’agit. Les pavés sur le sol défilent, la silhouette se rapproche.
- Bonjour, dit une petite voix fine
- Bonjour, répond Maximilien
- Quel mauvais temps, n’est-ce pas ?
- Ha, heu… Oui c’est du mauvais temps.

Les deux petites bêtes vont se réfugier sous un porche.

- Je m’appelle Sidie.
- Heu, je m’appelle Maximilien.
- Tu habite ici ?
- Oui, mais heu, toi, je ne t’ai jamais rencontré dans le quartier.
- Je suis en vacances chez mes humains.
- Tu es venue comment ?
- En train dans une boite.
- Dans une boite ?
- Oui c’est obligé.

Maximilien ne regrette pas de ne pas devoir prendre le train, cette histoire de boite ne lui plait pas du tout.

Il est temps maintenant de se quitter. On se donne une petit coup de tête pour se faire la bise.

- A bientôt
- Je l’espère….

par Torquato Denova publié dans : Divers
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Mardi 12 décembre 2006

J’arrive en gare de Somoa. Une voix annonce l’arrivée. J’attend que le train s’arrête. Les portières s’ouvrent. Des soldats inspectent le quai. Je descend. Je respire l’air frai. Il entre dans mes poumons comme un alcoolique dans un bistrot. Mes valises me pèsent. Je me dirige vers les chariots. Je pose mes bagages sur l’un d’entre eux. Et allez hop ! Il n’y a pas grand monde dans la gare. Somoa est une destination évitée par les touristes. De nombreux coups d’État jalonnent son Histoire et sa réputation est sinistre. Je dois m’y rendre pour affaires, mais ce voyage ne m’enchante guère.

*
* *

Le juge referme le dossier.
- Je vous condamne à trois mois de changement de pensée.
- Est-ce que je peux faire appel ?
- Je ne suis pas votre avocat, débrouillez vous, lance le juge.
Jeff n’est pas surpris outre mesure par la réaction du juge.
Un rayon de soleil entre dans la pièce. Un agent vient prendre Jeff par le bras pour l’emmener au dépôt.
En fait, il ne lui a pas été possible de contacter un avocat. Personne ne lui a permis de passer un coup de fil. Les droits de la défense ont fortement reculé depuis quelques année. De plus la justice a de plus en plus recourt au changement de pensée. Une technique un peu plus évoluée que celle du diffuseur de pensée. Les appareils de ce type coûtent très cher et seul l’État ou de grosses compagnies ont les moyens de ce le payer. Jeff n’a aucunement l’intention de changer sa pensée, mais ils ont les moyens de l’y forcer. Cette peine s’applique de grès ou de force.

*
* *

Freezie a tenté à plusieurs reprise de contacter le district où été retenu Jeff. Mais on a refusé de lui en dire plus. Elle a bien tenté d’envoyer un avocat, mais celui-ci n’a pas été autorisé à entrer dans le bâtiment.

par Torquato Denova publié dans : Nouvelle fractale 1
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Lundi 11 décembre 2006

Mon cher Archibald,

En ces temps difficiles où les partis nous semblent tous sans intérêt, il en est cependant un qui me semble digne d’attention : c’est le parti d’en rire. Mieux vaut en rire qu’en pleurer. Le problème est qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. Le parti d’en rire devra donc être composé de plusieurs groupes affinitaires pour permettre aux membres de rire entre eux et elles sans se faire taper sur les doigts. Une fédération (inter)nationale permettra de les coordonner. Je ne sais pas si tu acceptera d’adhérer au parti d’en rire mais j’espère que tu aura l’occasion, à l’avenir, de te marrer un bon coup.

A part ça, le blog « mouvement fractal » avance de jours en jours. Dans ta dernière lettre, tu me disais justement que le côté artistique réclamait plus de travail du style et du contenu. Je te rappelle que si je publie mes « œuvres », c’est avant tout pour trouver un remède à ma manie de la destruction systématique Une fois publiées, elles laissent une trace. Je peux ensuite les reprendre pour les retravailler. Enfin bref…

Au sujet des blogs en général, il existe depuis peu, un journal papier qui leur est consacré : Netzien. C’est une nouveauté dans le monde éditorial. Ce nouveau moyen d’expression qu’est le blog fait de plus en plus couler de l’encre. C’est la liberté de chacun e de s’exprimer. On voit de tout et n’importe quoi. Mais l’instant j’ai surtout découvert beaucoup de talents ignorés. De parfaits inconnus dont la plume rivalise de créativité avec des gens plus médiatisés. Tu devrais faire un tour sur la page d’accueil de over blog à http://www.over-blog.com et tu aura l’occasion de découvrir quelques pages qui en valent le coup. Des textes, des photos, des vidéos, toutes sortes de créations qui sortent de l’ombre.
Voilà.

En espérant te lire au plus vite.

par Torquato Denova publié dans : Lettres à Archibald Patatoes
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Vendredi 8 décembre 2006

Ici commence le chemin,
Ici se déroule le scénario,
Ici se rédige le parchemin,
Ici se chante l’oratorio.

*
* *


Je n’ai pas compris la vie,
Avant de la voir se dérouler,
Je ne l’ai pas comprise la vie,
tout au plus l’ai-je déroulée.

*
* *

La frénésie.
Irrésistiblement frénétique.
La frénésie s’installe,
Progressivement grignote,
Les morceaux de l’âme,
qui se révoltent.
Elle ne les extermine pas,
elle s’en nourri jusqu’à ce qu’ils deviennent sa propre chair.
La frénésie, l’irrésistible,
envie d’échanges,
Échanges,
Le rêve du solitaire,
Le cauchemar du pouvoir,
L’arme absolue dans les mains de l’Humanité,
En quête de liberté.
Frénésie de l’échange,
Échange de la frénésie.
Morceaux de dictatures qui d’écroulent avec le temps.

*
* *

Si nous pleurons,
C’est pour notre bonheur,
Les larmes sont expiatoires.
Mais elles ont le goût salé,
de l’eau dans laquelle se noie l’espoir de libération.
C’est le paradoxe,
Car nous pouvons aussi pleurer,
Pour atteindre l’air libre.
C’est que nous devons apprendre,
à nager dans nos angoisses,
du souvenir,
ou de l’oubli.

*
* *

Parti sur le dos d’un âne,
revenu dans une voiture en panne,
J’ai vu le lion qui gronde,
dans ses yeux j’ai aperçu le monde.

par Torquato Denova publié dans : Poésies fractales
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Jeudi 7 décembre 2006
Un sondage au sujet du mouvement fractal
mouvement fractal
Que pensez vous du mouvement fractal
boff
pas mal
super
génial
je voudrais en savoir plus
ça m'amuse
ça m'excite
j'en fais parti certainement
j'attend de voir
j'observe

Résultats
Merci
par Torquato Denova publié dans : mouvement-fractal
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Mercredi 6 décembre 2006

20.

L’écologie n’est pas importante : elle est capitale. Mais il faudra détruire le capitalisme pour reconstruire la planète.

21.

Le numéro vingt et un ne porte aucun numéro. C’est le paradoxe de la poésie.

22.

Si la justice semble illusoire quand elle est entre les mains de l’État, c’est tout simplement que celui-ci est avant tout un instrument d’oppression de classe.

23.

Un spectre hante l’Europe, le spectre du Groucho marxisme. Les Groucho marxiste portent des lunettes, une grosse moustache et ont un gros nez. C’est pour dire à quel point ils représentent un danger pour la société de consommation. Si tout le monde portait des lunettes et une grosse moustache, tout paraîtrait trop cher à acheter.

24.

Consommer d’occasion, c’est toujours consommer.

25.

Les utopies semblent traverser un moment difficile. On ne les voit plus dans le débat politique officiel. Ceci explique peut être le désespoir des électeurs.

26.

Redite. Si le monde entier savait lire et écrire, les dictateurs de tous bords ne feraient pas long feu.

27.

Des mouvements sociaux dans les pays pauvres, voilà l’avenir de l’économie européenne.

28.

Il ne faut pas confondre la Nation, la Patrie et le gouvernement. Aucun peuple ne peut-être tenu responsable des actes de son gouvernement. Le "tous coupables" n'est pas acceptable.

29.

Les ruines du mur de Berlin servent à construire de nouveaux murs plus conformes à la pensée unique et plus politiquement correctes.

par Torquato Denova publié dans : Divers
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Lundi 4 décembre 2006

Enfance de l’art,
Déconade au grand air,
parler aux astres,
rebondir sur la mer,
le ciel annonce,
une pluie d’étoiles,
bordée de lumière,
drapée de particules,
silence,
les damnés vont revenir,
ils se feront la courte échelle,
pour voir derrière le mur,
qui masque la vue,
du paysage infini,
ne retiens plus ton souffle,
respire,
écoute le bruit du vent,
et expire plus fort que lui,
jusqu’à ce que l’édifice,
s’écroule d’un seul tenant.

par Torquato Denova publié dans : Poésies fractales
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Lundi 4 décembre 2006

Le commandant Fox s’arrête un instant. Le couloir est sombre et il a du mal à percevoir l’allée entre les cellules. Dans la quatorze est retenu l’agent Reno. C’est avec un malin plaisir que Fox va lui évoquer les faits qui se sont déroulés au stadium Perobes. Un militant contre les bavure qui ne cesse de faire parler de lui et de son combat dans la presse, est gênant pour l’institution. Alors quand celui-ci se retrouve impliqué dans une affaire, on ne le rate pas. Il ne fait plus aucun doute que « on » est un con. L’auteur tient à souligner ce point.
- Jefferson Reno, vous allez être inculpé pour homicide volontaire.
- Je n’ai fait que défendre ma vie, celle de Freezie Cambes et celle des supporter congolais.
- Ce n’est pas ce qu’affirment les témoins présents sur les lieux.
- Ils mentent, ils étaient armés et agressifs.
- J’en doute fort, je crois plutôt que vous avez manqué de sang froid.
Fox referme la porte de la cellule. Le juge doit passer dans une heure. Le commandant veut lui remettre un dossier complet évoquant la culpabilité de l’agent Reno. Habituellement les agents impliqués dans une affaire de ce type sont couverts par la hiérarchie mais là c’est un cas particulier. De plus Fox n’a jamais caché ses sympathies pour les groupes radicaux d’ultra droite. L’usage des armes n’est pas permise contre n’importe qui.

*
* *

Anièlo écoute la radio. Il est conscient que se sont les derniers moment de ce moyen de communication. Bientôt les nano pod remplaceront les vieux postes. Ceux-ci auront toutes les fonctions de communication imaginables. Si pour l’instant ils n’ont pas supplanté le reste c’est uniquement à cause de la politique culturelle du gouvernement. Mais celui-ci a choisi de changer de cap et de cibler son action sur les nouvelles technologies. Les nano pod seront un passage obligé vers la culture. Même les téléphones cesseront d’exister.
Il pose son regard sur son carnet d’adresses. Il s’arrête au nom de Samira. Avec des geste hésitants, il décroche le téléphone et forme son numéro. Personne. Un répondeur prend le relais. Il laisse un message.
Il va falloir qu’il parte faire sa tournée. Son petit commerce de café ambulant marche tant bien que mal. Cela lui demande beaucoup de travail pour des résultats moyens. Il gagne à peine de quoi vivre. Il aurait bien du mal à nourrir une famille.

par Torquato Denova publié dans : Nouvelle fractale 1
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Samedi 2 décembre 2006

10.

La vie se construit jour après jour. On ne se sait jamais ce que sera demain, mais il ne faut pas l’oublier, au risque de sombrer dans la déchéance.

11.

Le racisme et l’antisémitisme sont des moyens de diviser les être humains pour mieux régner sur eux.

12.

Que faire ? Non. Pourquoi faire ?

13.

Jouer au loto, enrichir l’État et perdre son argent. C’est vraiment parce que vous êtes superstitieux

14.

L’ignorance n’est pas un argument de qualité. C’est tout au plus un moyen d’avoir raison quand on a aucune preuve.

15.

Le Da Vinci Code est la plus grande farce et attrape nilgauts qu’on ait jamais inventé.

16.

Sans les femmes il manque le minimum. Est-ce à dire que la vie parlementaire n’est pas au maximum ?

17.

C’était un type bien. Maintenant qu’il est mort, je l‘affirme. Ce qui n’était pas le cas encore, cinq minutes avant son décès.

18.

Si j’étais quelque un d’autre, je serais moi-même. On ne se refait pas…

19.

Il est vrai que Torquato Denova est marxiste. Oui mais tendance Groucho !

par Torquato Denova publié dans : Divers
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Lundi 27 novembre 2006

Je me dirige vers la pompe à essence. Je sais qu’elle va me pomper mon fric mais je n’ai pas le choix. La voiture refuse d’avancer si elle n’a pas sa dose de diesel.
J’ai un rendez vous avec un employeur potentiel à quatre heures et demi. Je ne suis pas enchanté mais il faut bien que j’assure mes revenus. Un job dans le saucisson, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour un végétarien. Mais je ne peux pas faire autrement, j’ai des charges et il faut que je raque. Je vais éviter de dire au type que je ne mange pas de viande, ça ferait mauvais genre. A priori le problème n’est pas tellement l’embauche en elle-même. C’est plutôt que c’est un CDD. Donc, si on ne fait pas l’affaire il n’est pas renouvelé. Et pendant tout le temps du contrat, pas moyen de chercher autre chose puisque c’est un temps plein durant la semaine. Ça m’aurait bien arrangé d’avoir un temps partiel, mais question boulot, on ne choisi pas trop son affaire.

*
* *

Agnès règle le pressing par chèque. Il n’y a rien sur le compte depuis quelques temps mais si elle veux récupérer ses habits, elle n’a pas le choix. Il faut qu’elle téléphone à la poste pour trouver un arrangement financier mais elle ne sait pas si ça va marcher. Elle a pensé à leur donner des preuves de sa recherche d’emplois. Elle ne sait pas si ça suffira à décider le conseiller financier. Elle veut cependant essayer. Il va bien falloir qu’elle paye ses factures.
Elle sort du pressing mal à l’aise. Elle n’a eu aucun plaisir à faire un chèque en bois. Ce n’est pas son genre habituellement. De plus, elle appréhende l’interdit bancaire. Ce serait vraiment un problème.
Ce soir elle a un rendez vous galant avec Frédéric. Un repas de ce genre ce n’est pas une raison suffisante, à son avis pour faire un chèque en bois. Et ça l’embête vraiment de ne pas pouvoir payer. Elle ne veut pas être redevable vis-à-vis de son prétendant.

*
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A suivre

par Torquato Denova publié dans : Nouvelle fractale 2
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